Démocratisation ou mort du système éducatif ?

Les MOOCs : un outil de marketing efficace ?

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Il est difficile de savoir si les MOOCs répondent à un véritable besoin ou à un intérêt impulsif, engendré par un “bide marketing”. Selon El Mahdi El Mahmdi, il est clair que les MOOCs ont été lancés grâce à un “coup de pouce” marketing, si bien qu’on en est venus à parler de “noisy product”. L’idée est la suivante : il y aurait eu une vague médiatique qui aurait suscité l’engouement de plusieurs personnes. Le New York Times avait par exemple titré, en 2012, “The year of the MOOC”. Mais après ce rapide emballement des initiatives et moyens déployés, il y aurait eu une accalmie.

Pour illustrer cette prise de position, on peut prendre l’expérience de Sebastian Thrun, professeur à Stanford et fondateur d’Udacity. En effet, il a fait un cours sur l’intelligence artificielle en 2011, l’a mis en ligne et a ainsi rassemblé plus de 150 000 étudiants. L’enthousiasme et la pertinence de l’idée étaient tels qu’il s’est détaché en partie de son engagement à Stanford et à Google pour lancer la plateforme Udacity, en annonçant : « I believe that in fifty years, there will be six universities in the US and Udacity will be one of them ». Il était vraiment pris dans cette sorte de “boule de neige” marketing. Néanmoins, après l’effervescence, le calme ; il a rapidement reconnu qu’il s’agissait d’un produit trop bruyant, qui faisait beaucoup parler de lui et qui manquait d’efficacité.

Dès lors, il se peut que les MOOCs ne constituent qu’un bref épisode dans l’histoire du e-learning, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’aspirent pas à s’ancrer dans l’univers académique. D’autres voix s’élèvent et pourfendent cette vision de temporalité du phénomène. Néanmoins, il semble y avoir consensus sur le fait que la médiasphère ne cessera d’engloutir le domaine de l’éducation et d’en transformer la nature. Il semblerait  “que l’on [puisse] encore gagner quelques batailles, mais que la guerre [soit] perdue”[1]. On dépasse donc la problématique immédiate relative au marketing pour des considérations plus larges.

 

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[1]  RAFFAELE Simone, « Est ce l’avenir de l’éducation ? », Le Débat, 180, 2014, p. 186-192, doi:10.3917/deba.180.0186.