Dissensions entre plateformes et Majors

PLAYLIST - DES CONDITIONS ÉCONOMIQUES DÉNONCÉES PAR LES PLATEFORMES

Dissensions entre plateformes et Majors | La difficile coexistence des « pure-players » avec les GAFA

Acteurs en jeu

♫ Les Majors, acteurs incontournables du monde de la musique

Depuis 2012, le marché de la musique est dominé par les « Big Three », composés de Sony BMG, Warner Music Group et Universal Music Group. Ensemble, ils représentent plus de 80 % des revenus du marché de la musique. De plus, ils possèdent également un important back-catalogue, c’est-à-dire les droits de distribution et de streaming d’un grand volume de chansons.

Selon notre entretien avec la GAM (Guilde des Artistes de la Musique), cette domination permet aux majors de faire de gros investissements et avoir une grosse force de frappe au niveau promotionnel. Cela incite les artistes à signer sous ces grands labels pour se faire connaître, malgré des taux potentiellement désavantageux. Néanmoins, ce problème est abordé, notamment par les accords Schwartz. Les accords préconisent que les producteurs donnent un revenu minimal aux artistes. La position de la GAM se trouve à un minimum de 15% (sans abattements) pour le numérique, mais il est difficile de se mettre d’accord.

De plus, la domination des Big Three dans le volume du back catalogue signifie que dans la plupart des cas, les plateformes de streaming doivent d’abord passer par ces labels s’ils souhaitent avoir une chanson disponible dans leur service. A titre d’exemple, les deux tiers du catalogue de Spotify sont contrôlés par The Big Three. [11] L’une des conditions pour acquérir les droits de streaming d’une chanson étant la forme d’avances ou de minima garantis, la position dominante des majors permet d’imposer des avances ou de minima garantis excessivement élevées, ce qui peut être préjudiciable aux petites plateformes de streaming qui ne peuvent respecter le plafond tarifaire. [10]

Selon les indications recueillies, les rapports contractuels entre les producteurs et les plateformes resteraient marqués par la brièveté excessive de la durée des autorisations et par la subsistance, malgré des progrès récents, d’importantes disparités dans les conditions que les différentes catégories de producteurs obtiendraient des plateformes, notamment du fait des clauses inégalement favorables d’avances ou de minima garantis.

La difficile coexistence des "pure-players" avec les GAFA