Environnement : Le point de vue de l’État

Les mesures entreprises par l’État pour améliorer la mobilité de demain passent par une importante réduction de la pollution émise par les véhicules et par le recyclage des anciens modèles. Bien que la technologie des moteurs thermiques ne soit pas encore arrivée à son apogée, l’État a commencé à investir dans les éco-technologies comme celle du véhicule électrique. La politique actuelle de l’État par rapport au caractère écologique du véhicule électrique gravite autour de quelques enjeux de taille comme le respect de normes environnementales européennes et  le recyclage des batteries.

Les normes environnementales européennes

Les mesures gouvernementales cherchent à faciliter l’insertion de la technologie électrique sur le marché de l’automobile par le biais de subventions. Le système de bonus/malus écologique à l’achat d’un nouveau véhicule (1) permet ainsi d’orienter les consommateurs vers l’achat d’un véhicule moins polluant et de sensibiliser les esprits à des enjeux mondiaux tels que la raréfaction des ressources pétrolières. Toutes les voitures électriques (non-hybrides) bénéficient de ce bonus maximum, ce qui permet aux constructeurs de vendre ces nouveaux modèles à des prix similaires à ceux des voitures thermiques.

Document extrait de l'Automobile Magasine n°749

Document extrait de l’Automobile Magazine n°749

Si le véhicule électrique bénéficie de telles subventions, c’est parce qu’il n’émet pas de gaz à effet de serre. De telles émissions peuvent avoir lieu en amont, lors de la production d’électricité, mais ce n’est pas le cas en France : le nucléaire, malgré ses dangers controversés, a au moins le mérite de résoudre le problème majeur du réchauffement climatique, en proposant une électricité à prix raisonnable sans émettre de CO2. Certes, l’idéal serait d’avoir une production d’électricité basée sur les énergies renouvelables (l’éolien ou le solaire), mais ces technologies sont encore trop chères et compromettent la rentabilité (déjà controversée) du VE. Toutefois, comme l’a souligné Jean Cueugniet, membre de l’équipe Hirtzman du CGEIET (avec qui nous avons eu un entretien), « la tendance des énergies renouvelables va être à la baisse au niveau des coûts : le prix du solaire baisse d’un facteur 2 ou 3 tous les 10 ans ». D’ici quelques années, on peut donc espérer avoir des énergies renouvelables compétitives, et ainsi un véhicule électrique complètement écologique. Ce qui justifie les subventions accordées par l’État, au nom du caractère collectif du bienfait apporté par l’utilisateur d’un véhicule électrique (qualité de l’air, environnement urbain), alors qu’il privatise les contraintes (autonomie limitée, …).

Le recyclage des batteries

Le recyclage des batteries commence à être appliqué par certains constructeurs automobiles (comme Renault et son système de récupération d’énergie). La réduction de la pollution passe aussi par le traitement des produits chimiques polluants présents dans les batteries électriques (on parle ici du lithium et des autres métaux lourds).  Le lithium, présent dans la majeure partie d’entre elles, est en effet un matériau très polluant, et sa récupération est d’autant plus cruciale que l’offre en batteries électriques est conditionnée par les importations en terres rares vers la France. Bien que la technologie de recyclage des batteries lithium-ion avance rapidement (exemple de la firme française Recupyl) et soit porteuse de progrès, l’industrie qui pourrait voir le jour dans ce domaine n’est pas encore rentable. L’argument économique est donc le principal inconvénient. L’État est alors amené à durcir la réglementation pour forcer les constructeurs à mettre en place des réseaux de recyclage de batteries (2).

—–

Notes :

(1) Mis en place en 2007, ce système permet d’avoir une prime à l’achat d’un véhicule pouvant s’élever jusqu’à 5000 € (dans la limite de 20% du prix du véhicule, pour un véhicule qui rejette moins de 60g/km de CO2), ou bien un malus qui peut monter jusqu’à 2600 € (si le véhicule rejette plus de 250 g/km de CO2).
(2) Pour de plus amples informations au sujet du recyclage des batteries, voir le rapport La Voiture de demain : carburants et électricité du CGIET.

Cliquez sur les différentes maisons pour obtenir le point de vue de leurs habitants.

Image Map

   

École des Mines de Paris - Cours de controverse - 2012/2013

-

Voiture électrique : une mobilité durable ?