La castration chimique dans le monde

 

 


Même si la controverse à laquelle nous nous intéressons concerne la castration chimique comme remède aux violeurs récidivistes, il est intéressant de considérer l'état de ce débat à l'étranger. D'un point de vue des législations:


  • Les États-Unis : Aux États-Unis, au moins neuf États (la Californie, la Floride, la Géorgie, l'Iowa, la Louisiane, le Montana, l'Oregon, le Texas, le Wisconsin) ont expérimenté la castration chimique. En 1966, John Money prescrit pour la première fois de l'acétate medroxyprogesterone, composant de base de la Depo Provera, un médicament contraceptif. Malgré la réussite de cette nouvelle forme de castration, ce médicament n'a pas été approuvé par le FDA comme un traitement pour des contrevenants sexuels. Depuis 1996, les lois dites de Megan assignent aux polices des 50 États l'obligation d'«enregistrement» et de «notification publique» de la présence des ex-délinquants sexuels. Une banque de données automatisée listant les condamnés depuis 1970 est tenue à la disposition du public. Cette politique tourne souvent à la chasse aux sorcières: exemples en Alabama, où ce genre de liste est affiché dans le hall des mairies et des commissariats; en Louisiane, où l'ex-délinquant sexuel doit avertir lui-même son voisinage sous peine d'un an de prison et de 1000 dollars d'amende; et surtout en Californie, où ces signalements sont disponibles via un numéro vert ou des cédéroms. Cet État est aussi le 1er a avoir autorisé, en 1996, la castration chimique obligatoire des récidivistes (injection d'un médicament destiné à anéantir leur désir sexuel).

  • Le Canada : La thérapie et le suivi de long terme (dix ans) des délinquants sexuels sont favorisés. Les méthodes d'un institut québécois, l'institut Pinel de Montréal, qui soumet des condamnés à un traitement draconien d'un an type «cures de dégoût», auraient prouvé des résultats probants sur les taux de récidives.

  • La Grande-Bretagne : Un programme de surveillance électronique par satellite des délinquants sexuels va être mis en place. 500 condamnés pour pédophilie, qui ont déjà purgé leur peine, se sont portés volontaires. Les récidivistes encourent la prison à vie. Le ministère de la santé a passé un accord en octobre 2007 avec une clinique psychiatrique afin de mettre en place un service de conseil pour les personnes condamnés pour des actes de viols avec récidive. Les délinquants sexuels volontaires peuvent bénéficier d'une évaluation psychiatrique.

  • L'Allemagne : Une loi du 15 août 1969 autorise la castration chimique volontaire des délinquants sexuels de plus de vingt-cinq ans. Le traitement peut être initié après expertise par un médecin. Depuis 2003, une loi oblige les condamnés pour plus de 2 ans pour actes sexuels à recevoir un suivi psychologique adapté à leur cas dans un établissement socio-thérapeutique.

  • Le Danemark : Depuis 1997, les condamnés pour agression sexuelle sans recours à la violence peuvent recevoir la castration chimique avant l'incarcération comme substitut. Dans le cas où les délinquants sont condamnés à des peines de prison ferme et que ce traitement est considéré comme profitable, ils peuvent le recevoir pendant leur incarcération.